Boitier TRT AHV4 prototype

1- Boitier TRT AHV4 du Prototype Concorde, Référence : 66 911 029 00

« La présence de TRT dans Concorde

Ce boitier a volé sur Concorde pendant 1183 heures

En dehors de l’aspect historique de cette pièce, l’intérêt est également d’accéder aux circuits internes en retirant le cache.

« La présence de TRT dans Concorde

Le projet « Concorde » a été fixé dans le cadre d’une coopération technique et industrielle par l’accord franco-britannique du 29 novembre 1962 entre Sud Aviation et British Aircraft Corporation. De nombreux sous-traitants ont collaboré à ce projet prestigieux. TRT qui avait acquis une grande notoriété dans le domaine des radioaltimètres avec l’AHV3 sur Caravelle, proposa un matériel nouveau : l’AHV5.

Les délais nécessaires à l’étude de l’AHV5 n‘étant pas compatibles avec la période des premiers vols de Concorde, il avait été décidé de réaliser un système radioaltimètrique AHV4, dérivé de l’AHV3 et basé sur le même principe (précision de ± 2 pieds, précision maintenue jusqu’au sol, permit les essais d’atterrissage sans visibilité), mais avec une intégrité plus performante.

Réalisé en huit exemplaires, cet AHV4 (voir photo ci-dessous) fut donc développé spécialement pour assurer les essais en vol des deux prototypes Concorde 001 et 002. Pour des raisons de sécurité, chaque avion était équipé de deux chaînes radioaltimétriques indépendantes, les deux indications de hauteur délivrées étant comparées en permanence.

Le dimanche 2 mars 1969 fut un jour particulièrement émouvant pour tous les hommes qui avaient participé à cette réalisation. Concorde 001 portait les espoirs de milliers de personnes. Les représentants de compagnies d’aviation, des centaines de journalistes venus du monde entier s’étaient réunis à Toulouse. La veille, le vol avait dû être reporté en raison du mauvais temps. Le dimanche matin, le brouillard paraissait encore assez épais, mais les météorologues et le pilote d’un Mirage qui survolait la scène annoncèrent que le soleil n’aller plus tarder à apparaître.

 Les essais en vol

Le département MES était bien évidemment très sensibilisé. Un suivi des équipements, ainsi qu’une campagne de mise au point de l’AHV4 a été nécessaire, pour deux raisons :
– pallier aux défauts d’un équipement prototype lors de sa mise en service,
– remédier à l’erreur d’un magasinier non averti, erreur qui explique les pannes constatées sur les deux radioaltimétres lors du premier vol de Concorde 002.

Une équipe constituée de Jean-Pierre Landrot, Louis Bourgeois et Jean-Marc Motte a assuré la mise au point du matériel à MES au Plessis-Robinson, mais surtout à Saint-Martin-du-Touch, près de Toulouse, dans le laboratoire Radio de Sud-Aviation, situé, à « deux pas » du hangar « Concorde ». Il faut signaler l’accueil chaleureux de nos clients, sous le signe de la confiance, car au cours de nos nombreux déplacements, nous avons bénéficié d’une grande liberté de mouvements puisque pour nos tests de jour, comme de nuit, nous devions passer fréquemment du laboratoire Radio à l’avion Concorde 001.

Voici une petite anecdote qui fait sourire aujourd’hui, mais qui n’a pas été sans conséquence à l’époque. En effet, un incident inattendu et indépendant de notre volonté, a considérablement compliqué notre démarche. Le système radioaltimétrique AHV4 était composé d’un coffret UHF, d’un coffret de Servitudes, d’un indicateur et de deux antennes. Les huit systèmes fabriqués par MES étaient considérés comme des prototypes, constitués d’ensembles indissociables et identifiés en conséquence. Après livraison de tous les équipements à Toulouse, Sud-Aviation (SA) devait les affecter aux « Concorde » 001 (à Toulouse) et 002 (chez British Aircraft Corporation – BAC en Angleterre). Malheureusement, un magasinier n’a pas tenu compte des numéros de série et a mélangé les éléments. Ainsi les quatre systèmes destinés à Toulouse et les quatre autres dirigés vers Filton étaient complètement dépareillés.

Lors du constat de la situation, TRT a envisagé une solution simple et évidente, celle de rapatrier les équipements vers Toulouse et de refaire une distribution correcte. Mais la gestion des équipements étant très stricte dans l’organisation SA-BAC, cette opération n’a pas été possible. Finalement, c’est la solution la plus compliquée qui a été retenue par le client, c’est-à-dire de rendre tous les coffrets interchangeables.

A l’issue d’une mise au point qui n’a pas été facile, les huit équipements ont donné entière satisfaction pendant toute la durée de vie des deux prototypes Concorde 001 et 002. Comme prévu, les Concorde « présérie » et « série » ont été équipés de l’AHV5 qui a continué une « brillante carrière » sur l’AIRBUS A300B, ainsi que sur de nombreux autres avions de transport.

Jean-Marc MOTTE » (Source : Amicale des anciens de TRT)