En 1996, la société Pepsi décide de changer radicalement les couleurs de ses produits qui, de rouge et bleu, deviennent simplement bleus pour contrer le rouge de leur adversaire.

Pour frapper un grand coup, ils décident de s’offrir un Concorde pour une grande tournée de promotion. Ils contactent les deux compagnies qui l’exploitent et font finalement affaire avec Air France.

Celle-ci fixe néanmoins ses conditions : le Concorde ne pourra desservir les lignes régulières d’Air France.

Le service de maintenance de la division Concorde signale que le revêtement bleu appliqué sur le fuselage ne tiendra pas à la température élevée d’environ 150 degrés atteint à une vitesse de mach 2. La vitesse maxi autorisée ne devra pas dépasser la vitesse de mach 1,70. Par ailleurs, les ailes ne seront pas peintes, le réchauffement à cet endroit aurait abîmé la peinture et aurait provoqué une température trop élevée pour le kérosène. L avion aura donc un fuselage bleu et des ailes blanches.

Les travaux de peinture commenceront mi-mars 1996 et finiront le 31 mars ; 2 000 heures de travail ainsi que 200 kilos de peinture ont été nécessaires pour cette opération.Ils seront effectués dans le plus grand secret dans le hangar Air France d’Orly. Puis l’avion est transféré à
Londres en secret dans la nuit du 31 mars. Il y est à nouveau dissimulé dans un hangar en attendant la cérémonie officielle de
présentation, en présence de centaines de journalistes venus de 40 pays, et de Claudia Schiffer, Cindy Crawford et André Agassi.

La tournée le voit effectuer seize vols entre dix grandes villes d’Europe et du Moyen Orient pendant une semaine. Son prix de revient restera confidentiel,mais il est estimé à 150 000 dollars.

Le F-BTSD reprendra ensuite sa carrière et les couleurs d’Air France. Un des derniers fabriqués, et bénéficiant d’améliorations lui faisant perdre près d’une tonne, c’est lui qui remportera les records sur les tours du monde, et lui encore qui trône aujourd’hui au Musée de l’Air.