Air France et British Airways développent des vols spéciaux ou « vols charters » pour améliorer la rentabilité du supersonique, reliant par exemple Washington à Nice ou encore Londres à Sidney.

À partir de novembre 86, British Airways et Air France lancent des formules « Tour du monde ». Le supersonique britannique parcourt la planète en 16 jours, via New York, San Francisco, Honolulu, Guam, Hong Kong, Bali et Le Caire.

Air France réalise ensuite le tour en 17 jours. Le nombre de passagers sur le vol est limité à 80 personnes car, en dehors des bagages de ses clients, le Concorde doit affréter les pièces techniques de rechange en cas de problèmes. Après Paris, l’avion se pose à New York, San Francisco, Papeete, Sydney, Bangkok, Colombo et Paris.

À cette occasion, Concorde se pose pour la première fois à Tahiti le 21 novembre 1986. Son arrivée est annoncée en pleine page dans les quotidiens locaux. Tout Tahiti converge vers l’aéroport pour voir arriver le supersonique.
« Pour mieux voir le Concorde, certains sont montés sur des arbres, d’autres sur des poteaux électriques, d’autres sur des toits […] un toit en tôles sur lequel s’étaient massées un bon nombre de personnes s’effondre. Bilan : deux jambes cassées […] Il y a tellement de monde sur la
route qu’il faut près de 3 heures pour transporter les blessés à l’hôpital Mamao », selon le témoignage de J-L Vachon, ancien chef d’escale Air France à Tahiti. Le Concorde se pose sur le tarmac de l’aéroport  à 14 h 45. Il est couronné de tiare et tipaniers.Au total, le Concorde se posera 28 fois en Polynésie française (dont 3 passages au Centre d’Expérimentation du Pacifique, où ont lieu les essais nucléaires). Le dernier passage du Concorde à Tahiti interviendra le 18 mai 2000.

En dehors de ces croisières, Concorde effectue également des tours du monde de record.

Les 12 et 13 octobres 1992, sous numéro de vol AF 1492,pour le 500ème anniversaire de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, le F-BTSD boucle le tour du monde dans le sens Est-Ouest en 32 h 49 mn 3 s au départ de Lisbonne. (Record détenu jusque là par le Gulfstream IV en 36 heures et 8 minutes en 1988).

Trois ans plus tard, le 15 août 1995, le même appareil décolle de New York Kennedy (JFK) à 11 h 49 pour un tour en six étapes qui se terminera le lendemain à 19 h 16, soit 31 h 27 mn 49 s plus tard. Il a parcouru 40 388 km. Son temps de vol effectif est de 22 h 43 mn, à une vitesse moyenne de 1 783,2 km/h. Outre les 80 passagers qui ont sans doute financé la tentative, l’équipage était constitué de deux Commandants de bord, trois Officiers pilotes, trois Officiers mécaniciens navigants et deux spécialistes d’assistance en vol, plus quatre Chefs de cabine, onze hôtesses et neuf stewards (le PNC sera renouvelé deux fois au cours du vol). L’aménagement cabine est modifié : la partie arrière est spécialement aménagée avec 10 sièges et 3 couchettes afin de permettre le repos des équipages navigants techniques. L’assistance au sol sera assurée par deux techniciens présents dans chacune des escales. En cas de nécessité d’intervention, ils pourront utiliser le lot de matériel embarqué au départ de New-York. D’un poids total de 550 kg, ce lot de bord est composé principalement d’équipements qui, s’ils n’étaient plus opérationnels,pourraient être remplacés à l’escale suivante. Il comprend également des ingrédients tels les lubrifiants moteur et ceux des équipements hydrauliques.

Le record est soumis à l’homologation de la FAI (Fédération Aéronautique Internationale), après avoir été authentifié par le comédien Rufus, commissaire agréé par l’Aéroclub de France, et lui-même pilote de planeur.