Durant toute son exploitation, Concorde a emmené de nombreuses stars , personnalités, mais aussi des hommes politiques. Bien entendu, les présidents qui se sont succédé ne pouvaient pas mieux représenter LExcellence Française dans le domaine aéronautique.

Le 29 novembre 1969,

Valéry Giscard d’Estaing, alors ministre des Finances, est le premier passager admis sur le prototype piloté par André Turcat.

Le 7 mai 1971,

le Concorde emporte le président de la République française Georges Pompidou. C’est la première fois qu’un chef d’État utilise un prototype pour effectuer un voyage officiel aux Açores. Pour les besoins du président, la cabine est alors transformée en bureau et comporte même des chambres à coucher. Durant ce vol, le président Pompidou donne une interview en direct au micro de l’ORTF, dans laquelle il dit : « Je suis frappé par la stabilité de l’appareil à plus de deux mille kilomètres à l’heure. Je ne m’en apercevrais même pas, tant le vol est calme, doux et silencieux, si je ne voyais pas les côtes de France au loin, qui défilent devant nous à une vitesse extraordinaire. À tout le personnel de  l’Aérospatiale, des ingénieurs aux techniciens et à tous les travailleurs, je voudrais dire, pour la joie qu’ils me donnent aujourd’hui, de tout cœur merci ».

De 1981 jusqu’en 1995,

après un voyage du président de la République française François Mitterrand en Chine avec l’avion subsonique, tous les voyages présidentiels lointains  ont été effectués en Concorde. Celui-ci était aménagé en bureau et chambres à coucher dans la cabine avant, la
cabine arrière étant réservée aux invités. Une  photocopieuse et un fax étaient installés en cabine arrière, un système de cryptographie des communications dites  « sensibles » était installé avec un téléphone vers le bureau  du président. Un pilote spécialiste radio était embarqué
pour s’occuper des communications présidentielles. Un deuxième avion faisait partie du dispositif aérien et se tenait même toujours prêt à décoller en cas de défaillance éventuelle du premier. La flotte de Concorde d’Air France ne comportant que sept avions, c’est dire l’impact que cette « location » opérait sur la compagnie.

François Mitterrand incarna l’image du président volant en Concorde. En décembre 1984, il mobilisa sept appareils dont deux Concorde, pour aller au Zaïre et au Burundi. La même configuration fut mise en place lors du déplacement en Arménie.

Le 13 septembre 1985

Concorde va pour la première fois en Polynésie française et au Centre d’Expérimentation du  Pacifique (CEP), basé à Mururoa. À son bord : François  Mitterrand et six ministres. Au départ de Paris, ils sont  contraints de changer d’appareil suite à une panne survenue sur le premier (Il s’agissait d’une interférence entre le circuit de freinage et l’émetteur radio utilisé pour transmettre à l’Élysée. Le problème fut résolu par le
remplacement d’un transistor dans l’émetteur). Ils embarquent alors dans le Concorde F- BTSD, non équipé de l’aménagement présidentiel. Avant de se rendre à  Mururoa, le président fait escale à Kourou en Guyane pour  assister à un lancement de la fusée Ariane (qui échoue et la  fusée est détruite). L’avion présidentiel connait à nouveau une avarie : après deux demi-tours au sol pour des problèmes de train avant, François Mitterrand doit changer d’appareil. Il poursuit son voyage avec un nouveau changement de Concorde, retrouvant le F- BVFB
présidentiel, convoyé spécialement pour lui à Cayenne. Il se pose à Mururoa le vendredi 13 septembre à 1 heure du matin, heure locale. La piste étant trop courte pour décoller à pleine charge, il repart à vide vers Hao, le jour même. Le président de la République et sa délégation rejoignent ensuite Hao en Caravelle du COTAM avant de réembarquer dans le supersonique.

À cette époque, le voyage de Paris à Mururoa ne dure que14 heures avec deux escales à Pointe-à-Pitre et à Lima.

Le 23 octobre 1985,

Concorde revient en Polynésie française avec à son bord le Premier ministre Laurent  Fabius et le ministre de la Défense Paul Quilès qui font le voyage jusqu’à Mururoa pour assister au premier tir nucléaire depuis l’affaire du Rainbow Warrior.

Du 16 au 18 septembre 1987

Jacques Chirac effectue en qualité de Premier ministre un véritable marathon  supersonique de 47 846 km en 26 h 32, passant par Pointe
à Pitre, Lima, Hao et Nouméa.

Le Pape aussi : le 2 mai 1989,

le pape Jean Paul II en déplacement sur l’île de la Réunion, voyage dans un Concorde d’Air France (F-BTSC) qui est affrété pour le
transporter entre Saint Denis de la Réunion et Lusaka.