Article LA TRIBUNE Fabrice Gliszczynski  14 Novembre 2018

Le PDG de Qatar Airways est intéressé par un avion supersonique d’une capacité d’au moins 150 sièges. Il a également confié qu’il avait commandé 10 A321LR, la version long-courrier de l’A321neo.

Akbar al Baker avait certes dit au printemps que sa commande de 50 Airbus A321neo comprenait des versions long-courriers, l’A321LR. Ce mardi, en aparté d’une conférence de l’association internationale du transport aérien (IATA), le PDG de Qatar Airways a levé le voile.

« Cette commande inclut 10 A321LR » a-t-il déclaré.

Alors qu’Airbus commence à peine à livrer cet appareil avec la livraison ce mercredi du premier exemplaire à la compagnie israélienne Arkia, ceux commandés par Qatar Airways seront livrés à partir de 2020. La compagnie du Golfe entend les utiliser pour assurer à la fois des nouvelles routes et des routes déjà existantes d’une durée de vol allant jusqu’à 7 heures. « Au-delà, nous continuerons de mettre des gros-porteurs », a ajouté Akbar al Baker. Le choix des moteurs n’a pas été fait. La compagnie a mis en concurrence le Leap de CFM International (Safran-General Electric) et le PW1100 de Pratt & Whitney. Interrogé sur le New Midsize Airplane (NMA) de Boeing, un appareil de 220-260 sièges sur lequel planche le constructeur américain, Akbar al Baker a indiqué qu’il n’était pas au courant d’un lancement de programme.

Interrogé sur les défis que devaient relever d’une manière générale Airbus et Boeing Akbar al Baker a exprimé son inquiétude devant la capacité des fournisseurs des deux constructeurs, notamment les motorises, à répondre aux énormes besoins d’avions des compagnies aériennes au cours de la prochaine décennie.

Un supersonique d’au moins 150 sièges

Alors que 15 ans après l’arrêt de Concorde, plusieurs projets sont à l’étude pour relancer un avion supersonique : le PDG Qatar Airways s’est déclaré intéressé par un tel appareil. Mais pas un avion de 50 sièges comme l’étudie un certain nombre de projets, mais un appareil « d’au moins 150 sièges (contre 100 pour Concorde) pour pouvoir espérer « un retour sur un investissement » sur un avion dont le prix pourrait avoisiner « les 250 millions de dollars », selon Akbar al Baker.

« Le prix doit être raisonnable et nous permettre d’avoir un retour sur investissement. Comment voulez-vous faire avec un prix à 250 millions de dollars. À ce prix, nous avons besoin d’un avion d’au moins 150 sièges », a-t-il indiqué.

Parmi tous les projets à l’étude, le PDG a cité celui de Boeing. L’avionneur américain a en effet dévoilé l’été dernier sa vision d’un avion supersonique : un appareil volant à près de 29 kilomètres d’altitude et dont la vitesse de croisière atteindrait Mach 5 contre Mach 2 pour Concorde. Seul bémol pour Qatar Airways. Boeing ne voit pas un tel avion avant 20 ou 30 ans