L’Américain Boeing vient de dévoiler son premier projet civil d’avion supersonique. L’appareil volera à plus de 6000 km/h et atteindra une altitude de près de 29 km.

Et si le prochain avion supersonique civil voyait le jour à Seattle ? Depuis le retrait du service commercial de Concorde en 2003, de nombreux projets d’avions capables de franchir le mur du son sont à l’étude.

Pour la première fois dans son histoire, Boeing vient de dévoiler le rendu de ce que pourrait être dans l’avenir sa vision du transport aérien supersonique. Et ça décoiffe ! La vitesse de croisière doit atteindre Mach 5 contre Mach 2,02 pour Concorde. Concrètement, l’appareil qui est destiné à une vocation civile ou militaire pourra voler à 6174 km/h et atteindra 28,9 km d’altitude. A cette vitesse il sera capable de rallier Los Angeles à Tokyo en seulement trois heures et New York à Londres en seulement deux heures.

Une longueur d’avance à Boeing

Le géant américain de l’aéronautique ne part pas de zéro dans le domaine hypersonique puisqu’il développe des projets depuis 1956 surtout dans le domaine militaire. Le X-43 Scramjet, un appareil sans pilote, a ainsi battu en 2004 le record mondial de vitesse en dépassant la barre des 11000 km/h. Une expérience qui pourrait donner une longueur d’avance à Boeing face à plusieurs concurrents qui cherchent à se placer sur le segment hypersonique comme Lockheed Martin mais aussi des Russes et des Chinois.

Mais le projet dévoilé ce mardi au cours d’une convention  aéronautique à Atlanta ne deviendra réalité que d’ici vingt ou trente ans, le temps que les technologies évoluent.

La peau de l’avion pourrait bien être en titane en raison des fortes températures sur la cellule de l’avion (6000 degrés) à cause de la vitesse très élevée qui provoquerait des frictions. C’est bien pour éviter cette trop forte température que Kevin Bowcutt, le directeur de la recherche et de la technologie supersonique chez Boeing, a fait dessiner des angles peu profonds et des bords d’attaque en forme de flèche afin de réduire au maximum la traînée et les frictions de l’air, gage de vitesse.

Un avion sans hublot

Mais à une vitesse de Mach 5, impossible de voler à des altitudes classiques aux environ de 9 km sans quoi l’avion se désintégrerait en vol en raison de la pression dynamique. Mais à 28,9 km d’altitude, la densité de l’air contrebalance la pression dynamique permettant de voler en sécurité.

Petit détail : l’avion sera dépourvu de hublots afin de présenter une surface de carlingue la plus lisse possible. Les passagers bénéficieraient en contrepartie d’hublots virtuels, des écrans faisant office de fenêtres. Ils diffuseraient la vue extérieure captée en direct par des caméras vidéo permettant aux passagers d’apercevoir la courbure de la Terre et le vide spatial. « Ce sera une belle vue » a lancé Kevin Bowcutt

Article de presse ; La Dépêche 28 juin 2018

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