Le supersonique est arrivé là où se situe le Musée Delta le 12 avril 1988. Ce dimanche, il souffle ses 30 bougies et ouvre ses portes.

Embarquement immédiat. Vous avez toujours rêvé de voyager en Concorde ? C’est possible. Mais c’est d’un voyage dans le temps dont il est question. Ce dimanche, le musée Delta d’Athis-Mons (Essonne) souffle les 30 bougies de l’arrivée du supersonique sur ses terres, face aux pistes d’Orly où cet avion pas comme les autres s’est posé pour son dernier vol d’essai le 20 mai 1976. Le Concorde n’était pas encore en service. Celui que les spécialistes et passionnés appellent le « 02 » a été le dernier supersonique d’essai avant le début des vols commerciaux. « Il possède exactement les mêmes caractéristiques que les Concorde de série » appuie Alexandre Pozder, vice-président d’Athis aviation musée Delta qui poursuit : « Il a été notamment le premier Concorde à faire un vol transatlantique avec 32 passagers entre Washington et Orly le 29 septembre 1973. »
Athis-Mons. Les instruments manquants du poste de pilotage ont été refaits à neuf… sur du carton./LP/NG
Au bout de ses 314 vols, cet aéronef a d’abord remplacé la maquette de Concorde en bois qui se trouvait sur le parking P7 à Orly. Il servait de point de rendez-vous aux visites guidées. Des pièces ont alors été prélevées par Air France pour équiper d’autres avions. Il y reste 10 ans. Lorsque Aéroports de Paris (ADP) veut le déplacer dans les années 1980, la ville d’Athis-Mons se porte acquéreur. Nicolas Roland-Payen, l’inventeur de l’aile delta dont étaient équipés les Concordes est natif de la commune. L’affaire est conclue en 1986 pour un franc symbolique. Le 12 avril 1988, l’avion arrive là où il est toujours aujourd’hui. Le site était alors plus grand mais a dû être amputé pour le tracé du tramway.

Démonstration de puissance entre Boston et Paris
Pour cet anniversaire, l’un des stewards ayant volé à bord du « 02 » et l’un des mécaniciens seront présents. Le musée en profitera également pour mettre en vente un livre 128 pages intitulé La vie du sierra alpha, richement illustré de photos inédites. L’ouvrage est truffé d’anecdotes comme celle du vol Boston-Paris, un trajet qui a permis d’asseoir la puissance du supersonique. Le 17 juin 1974, le « 02 » décolle de Boston (Etats-Unis). Au même moment, à Paris, un Boeing 747 s’envole en direction de la capitale du Massachusetts. Les deux avions se croisent en vol. Le Concorde atterrit à Paris et redécolle après 55 minutes passées sur le tarmac en direction de Boston… où il se posera finalement 5 minutes avant le Jumbo.

Ce dimanche, l’accès au mythe se fera gratuitement pour découvrir le poste de pilotage refait à neuf grâce à des instruments dessinés en carton mais qui font illusion. Ou pour voir la trappe qui servait de sortie de secours aux équipages d’essai tous équipés de parachutes. Dans la cabine, des panneaux expliquent aussi les parcours des vingt Concorde qui ont sillonné le monde. Ils y sont tous même « celui dont on n’aime pas parler » livre, ému, Alexandre Pozder en référence à celui qui s’est écrasé au décollage de Roissy-Charles-De-Gaulle (Val-d’Oise) le 25 juillet 2000 et qui a conduit à l’arrêt de l’exploitation de l’avion de ligne le plus rapide de l’Histoire qui pouvait atteindre Mach 2,02 (2 200 km/h).
Ce dimanche, au Musée Delta, 40, avenue Jean-Pierre-Bénard à Athis-Mons. De 10 à 18 heures. Entrée libre.

Article de presse Le Parisien