Le Musée de l’air et de l’espace fêtait ce week-end le 40e anniversaire du premier vol commercial de l’avion supersonique à destination de New York. De nombreuses animations et visites guidées sont organisées pour l’occasion.

Le Concorde, stationné dans l’un des hangars du musée de l’Air et de l’Espace du Bourget, impressionne toujours autant. Par son nez pointu et plongeant si caractéristique, par sa longueur bien sûr, mais aussi par ses moteurs turbo qu’on dirait tout droit sortis d’un film de science-fiction. Cet oiseau supersonique est le premier avion commercial à voler à une vitesse maximale de 2 200 km/h. On fête cette année les 40 ans de sa première traversée Paris-New-York (Etats-Unis), le 22 novembre 1977, en 3h30.

Pour l’occasion, le musée organise ce week-end de nombreuses visites et animations. Ce vol transatlantique n’était pas le tout premier du Concorde, qui s’était déjà posé à Washington. « L’État de New York refusait le survol à cause des nuisances sonores. C’est finalement la cour suprême qui a tranché et a donné son autorisation », explique Alain Rolland, président de l’association Les amis du musée de l’Air, et ancien pilote de ligne.

Au décollage, le bruit généré par le Concorde était similaire « à deux rafales, sans compter le bang au moment du passage du mur du son. C’est même surprenant que les concepteurs n’aient pas pensé que cela pourrait entraver son développement commercial », s’étonne Alain Rolland. Le crash mortel du 25 juillet 2000 à Gonesse (Val-d’Oise) a précipité l’arrêt du supersonique. « Il est à nouveau disponible en novembre 2001. Un mois après les attentats, ce n’était vraiment pas une période propice… », rappelle Alain Rolland.

« Le plus impressionnant : la poussée violente au décollage »

Ceux qui ont eu le privilège de monter à bord gardent des souvenirs inoubliables. « Le plus impressionnant, c’est la poussée très violente dans le dos au décollage », se remémore Jean-François Louis, vice-président des Amis du musée.

Le majestueux appareil était propulsé à 360 km/h, soit 100 km/h de plus qu’un avion de ligne classique. Autre souvenir inoubliable, « la vue de la rotondité de la planète depuis le hublot, car le Concorde volait à 18 000 m d’altitude, dans la stratosphère. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on ne ressentait aucune turbulence », poursuit Jean-François Louis.

Si Alain Rolland n’a jamais piloté un concorde, il garde pourtant une anecdote savoureuse. « Je volais sur un Boeing 747 et la tour de contrôle m’a averti qu’un Concorde allait passer au-dessus de nous. Quand je l’ai vu, j’ai tout de suite regardé les instruments de bord. J’ai cru qu’on était arrêté ! », sourit ce dernier.

La moitié des 200 000 visiteurs du musée payent le supplément pour avoir le privilège de visiter les deux Concorde conservés au Bourget. Celui qui a effectué les essais, et l’autre qui a au compteur 130 000 heures de vol et qui s’est retiré des airs 2003. Le premier fait l’objet d’un projet de restauration pour rénover les matières plastiques en cabine. « C’est un peu notre Joconde du musée, on l’entretient comme un objet de collection, illustre la conservatrice Rosène Declementi. Nous ne serons plus là dans 100 ans, au contraire de cet avion ! »

Revivez l’aventure supersonique !

Photo Droits Réservés Sierra Delta F-BVSD

Pour le quarantième anniversaire du premier vol commercial supersonique entre Paris et New York, le musée organise de nombreuses visites guidées ce week-end. Avec 100 % Concorde, le visiteur découvre l’aventure et les secrets du mythe supersonique avec un expert de cet appareil. Le thème Traverser l’Atlantique par la voie des airs aborde l’épopée des vols transatlantiques, de l’hydravion au supersonique en passant par l’avion à hélices le Constellation. Des guides mobiles, présents dans le hall où se trouvent les deux Concorde, sont disponibles de 14 heures à 17 heures pour répondre à toutes les questions du public.

Samedi et dimanche, 10 heures à 17 heures Entrée libre. Visites guidées à 10h30, 11h00, 14h30 et 15h00 : 11/14€ (forfais avion inclus).

Photo Droits Réservés Sierra Delta F-BVSD Musée du Bourget

L’intérieur du Concorde. LP/R.C.